| [Livre] Travailler avec les groupes d'enfants P. Privat |
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Ecrit par Thomas Gaon le 12-03-2008 (lu 2851 fois)
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| 12-03-2008 | |
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Comme nombre de pédopsychiatre également psychanalyste d’expérience, Pierre PRIVAT dispose de cette aisance, de cette douceur qui enorgueillit une sagesse dispensée avec humilité et simplicité propre aux cliniciens. Une simplicité qu’appréciera le lecteur dans le déroulement de sa pensée et jusque dans le titre de la nouvelle édition de son ouvrage en collaboration avec Dominique QÉLIN-SOULIGOUX : « Travailler avec les groupes d’enfants ». Rien de superflu dans ce livre. Point de jongle théorique mais des références essentielles et claires. Des chapitres ciselés sur des points conceptuels agrémentés de vignettes cliniques toujours appropriées apportant à l’ouvrage la complétude d’un manuel et la richesse d’une réflexion nourrie d’expérience. Tous les outils, toutes les bases nécessaires à une approche thérapeutique sont offertes au praticien curieux avec générosité et précision. Mais davantage qu’une offrande c’est une contribution - issue d’une recherche patiente1 et qu’on devine ardue- que les auteurs apportent à la recherche autant qu’à la pratique thérapeutique ici réunies. Les auteurs parviennent à condenser à merveille clinique et théorie sur une pratique à l’apogée de sa légitimation après trente années de réflexions. Pour rappel, la psychothérapie psychanalytique des groupes initiée en France par Anzieu et Kaes ne s’est pas faite sans heurts entre une approche hyper-individuelle que constitue la psychanalyse freudienne et l’approche groupale issue de l’école anglaise. Qu’il s’agisse d’enfants de surcroît et l’on ravive d’anciennes Controverses. La déviance de ce couple d’auteurs comme de leurs prédécesseurs (Winnicott, Bion, Foulkes, Anzieu, Kaes) a toujours eu pour but d’enrichir à terme la théorie psychanalytique, de sortir de son orthodoxie sclérosante pour lui apporter de l’air frais. Sans reniement de leur part, sans œillères pour autant. Au vu du succès de la pratique des groupes dans les CMPP et autres hôpitaux de jours pour adolescents, de l’affluence lors des colloques sur ce thème, nul doute que les temps aient changés et c’est sans conteste à la faveur d’ouvrages tel que «Travailler avec les groupes d’enfants ». On trouvera dans la première partie des bases indispensables à ce travail particulier dans les groupes d’enfants mis en place des les années 70 en CMPP par PRIVAT et CHAPELIER. La thèse proposée est la suivante : Face aux limites du travail individuel avec certains enfants, le groupe apporte une alternative dynamique sous-tendue par un processus thérapeutique d’étayage complexe inhérent au groupe mais instable du fait des excitations. Avec un thérapeute « au diapason des états émotionnel » le groupe thérapeutique va être anticipé accompagné, soutenu et cadré. Le thérapeute prend soin du groupe qui prend soin de ses membres.
Les auteurs expliquent ainsi la nécessité primordiale de constituer le groupe qui sera investi libidinalement puis enveloppant, protecteur et pourvoyeur de représentation relançant la symbolisation et la mentalisation par utilisation massive du verbal. Ainsi plusieurs pathologies opposées telles que l’inhibition et les troubles du comportement peuvent être savamment mélangées au sein du groupe afin d’encourager une évolution vers la médiane. La médiation tient une place particulière car c’est bien le groupe qui est ici considéré comme le médiateur princeps. En fonction de l’âge homogène, du nombre de membre et des pathologies du groupe, les objets et les jeux sont mis à disposition pour leur valeur malléable et créative (dessin, pâte à modeler, jeu de lettres) afin de permettre autant l’appartenance que l’expression individuelle des problématiques. Dans des chapitres brillamment illustrés, les auteurs éclairent le parcours de groupes d’enfants : La délicate phase initiale jusqu’à l’illusion groupale, le travail du groupe et la séparation finale. Au cours de la lecture sont abordés les fantasmes d’indifférenciation et la différence des sexes, le travail de symbolisation et de la pensée, le passage de la dynamique groupale à la problématique individuelle, les angoisses d’abandon et l’élaboration de la séparation, la socialisation.
Dans leur dernière partie consacrée à l’environnement extérieur au groupe, les auteurs insistent sur la nécessité de travailler avec les parents et l’institution. L’intérêt de la co-thérapie, les réunions régulières avec les référents (parents, éducateurs), la supervision et l’institution conçue comme contenante du groupe concluent l’ouvrage. |
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