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17 nov
Médiations thérapeutiques et psychose infantile Anne Brun Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Ecrit par Yann Leroux le 17-11-2007 (lu 3815 fois)
  
17-11-2007

Médiations thérapeutiques et psychose infantile d’A. Brun est un livre qui réussi d’envelopper des questions difficiles et complexes avec rigueur. Dès l’entrée du livre, le lecteur est pris en main par une table des matières dont l’ordonnancement montre que rien n’est laissé au hasard. Oserai-je-l’avouer ? Sa rigueur même m’a laissé un sentiment de beauté. De l’histoire des médiations thérapeutiques à l’utilisation de la pataugeoire, les paragraphes et les chapitres s’enchaînent avec facilité et logique. Les auteurs de référence sont ici Geneviève Haag, René Kaës et René Roussillon.

L’argument du livre est donné dès les premiers mots : les médiations thérapeutiques sont des voies de symbolisation qui permettent de (re)faire le parcours de la sensation et de l’émotion en proposant un travail de mise en figuration. Anne Brun prend soin de distinguer les dispositifs thérapeutiques et les dispositifs dont la visée première est l’expression ou la création. Ces deux derniers ne sont pas exempts d’effets thérapeutiques – mais aussi, on le souligne moins souvent, ils peuvent être à l’origine ou l’occasion de mouvements de décompensation – de même que les dispositifs thérapeutiques peuvent aussi être des lieux d’expression et de création. Anne Brun propose d’utiliser comme ligne de partage la dimension du transfert et l’attention portée a la verbalisation. Au final, elle retient trois critères : « la matérialité de l’objet médiateur utilisé comme matière à symbolisation, (…) la conception de l'objet médiateur comme support des liens transféro-contretrtanférentiels, (…) une définition spécifique de la place et de la fonction des thérapeutes, par rapport au rôle central joué par le médiateur dans le processus thérapeutique »

 

Le grand intérêt de ce travail est de donner un point de vue métapsychologique sur les médiations. Il apporte donc aux différents cliniciens qui, dans leurs institutions, forment des « ateliers » (groupe peinture, groupe terre, pataugeoire…), des repères théoriques et cliniques précieux qui leur permettront de se repérer dans les processus déposés dans ce type de dispositif. Ceux-ci sont d’autant plus complexe que la subjectivation y est réglée par un double embrayage : le premier va de la matière a l’objet et englobe tout les rapports que chacun entretien avec l’environnement non-humain ; le second va de la matrice groupale à l’individu, et renvoie a cette subjectivité de base, syncrétique avec laquelle nous dialoguons pour nous constituer comme individu. Ces deux mouvements sont dynamiques, dans des équilibres qui peuvent à tout moment être remis en question.

 

Pour le dire autrement, Anne Brun plonge dans deux ombilics de la subjectivation. L’objet, par ses manipulations, est support des opérations de symbolisation. Il permet, lorsque les choses se passent suffisamment bien, d’éprouver des sensations qui sont traduites en émotions par l’environnement. Lorsque, du fait d’un équipement neurologique défectueux ou des avatars d’une vie qui ont gêné ou empêché la mise en place des accordages premiers, ces symbolisations n’ont pas pu se faire, la rencontre avec l’objet dans le cadre d’un atelier thérapeutique permet des relances parce que la réactivation des éprouvés catastrophiques se fait dans un cadre plus sécure. Cette réactivation est amortie par l’enveloppe groupale, et par le cadre thérapeutique lui-même. La contribution de Bleger (1967) est ici fort justement rappelée : c’est dans les éléments du cadre que les éléments les plus archaïques sont déposés. C’est donc dans le cadre qu’il faut les retrouver : les angles, les bordures, les creux sont autant de lieux de projection de l’image du corps (Haag, 1998a). Plus tard, lorsqu’un objet pourra se détacher, il pourra être lacéré, déchiré, écrasé, dilué … autant de mises de forme de différentes angoisses.

 

Le groupe est le second embrayeur de ces dispositifs de médiations. Ce que fait (ou ne fait pas) un protagoniste est fait sous le regard du groupe. Les dires, les gestes, les retraits s’insèrent dans une écologie groupale dont il est utile de tenir compte. Le groupe, par exemple, permet de faire jouer les figures du même et du pas pareil, d’établir des relations de couplage puis de triangulation. Le groupe permet de faire émerger un matériel qui pourra être travaillé par les psychothérapeutes : les différenciations ou au favoriser les nécessaires mise en commun

 

 

Il s’agit là d’un ouvrage complet qui fait avec sérieux un tour d’horizon sur les groupes thérapeutiques avec médiateur

Dernière mise à jour : ( 04-02-2008 )
 
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